Réveiller des graines de Pivoines sauvages

Chine

Pour protéger les Pivoines sauvages, activons leurs graines

Au royaume de la Pivoine, la reine se meurt

S'il y a bien une fleur symbolique et célèbre en Chine, c'est la Pivoine. La belle a gagné le cœur des Chinois depuis des siècles et ne se contente pas d’être jolie, elle les aide dans leur vie quotidienne. Oui, la Pivoine sauvage, selon les variétés, possède des vertus médicinales qui rivalisent avec son esthétique, très utilisées en médecine chinoise traditionnelle.

Malheureusement, plusieurs espèces sauvages sont menacées. Les chiffres sont clairs : le nombre de fleurs diminue chaque année pour celles qui ne sont pas cultivées. Il ne resterait par exemple que 500 spécimens de Paeonia sterniana, cette espèce de Pivoine sauvage qui ne pousse qu'au Tibet. Pour la sauvegarder, Klorane Botanical Foundation s'associe à un acteur clef de sa protection : l'Institut Botanique de l'Académie chinoise de Sciences à Pékin.   
 

Facilitons la naissance de nouvelles fleurs

Comprendre la dormance de chaque variété

Il y a trois raisons principales au déclin des Pivoines sauvages. Elles sont tout d’abord très convoitées des hommes, qui les cueillent pour leurs vertus médicinales, souvent convaincus que l’espèce sauvage est plus efficace que la Pivoine cultivée ! Comme de nombreuses fleurs, la Pivoine sauvage voit aussi son habitat naturel se dégrader, devenant moins propice à sa survie. 

Enfin, la troisième raison, qui concerne notamment la Pivoine sterniana : elle peine à se reproduire toute seule dans la nature. La cause de cela ? Ses graines sont des graines dormantes bien récalcitrantes. Comme toutes les graines dormantes, elles ne sont capables de germer qu'après une certaine période de repos dans le milieu qui les accueille, comme si la graine se mettait en pause (d'où le nom de dormance), un peu comme un animal qui se mettrait en hibernation. Et celles-ci sont de toute évidence particulièrement complexes à réveiller pour la nature...

Pour les aider à se multiplier, il faut donc la comprendre avant tout, pour trouver les moyens d’éviter à la fleur cette période de dormance. Les chercheurs de l'institut l'ont étudiée en la comparant à une espèce proche, qui germe bien plus facilement.

Au laboratoire, ils se sont intéressés à chaque stade de la germination, en comparant différents paramètres à chaque fois chez les deux Pivoines étudiées : leurs hormones endogènes, les gênes exprimés et les protéines impliquées. Leur conclusion est sans appel : si notre Pivoine sauvage peine à germer, c'est à un niveau moléculaire que cela se joue. Cette découverte est un premier pas vers la préservation de la Pivoine !

Culture et sélection, en vue de la propagation

Une fois ces données en main, il devient possible d'envisager le retour à des populations normales de Pivoines sauvages. L'idée est de se préparer à multiplier l’espèces sterniania !

 

Pour cela, il faudra trouver la bonne méthode en culture in vitro pour repeupler plaines et champs. En parallèle de l’étude sur la dormance, les chercheurs mènent donc une seconde étude : ils ont choisi d’observer une espèce déjà domestiquée, Paeonia lactiflora.

 

Ils étudient différentes méthodes de multiplication in vitro, autour des tiges et des bourgeons, pour la propagation dans la nature après acclimatation. Cette étude permettra donc de retenir la ou les meilleures méthodes pour Paeonia sterniania.

Paeonia sterniana H.R. Fletcher

Famille : Paeoniaceae

Cette Pivoine sauvage est une plante herbacée vivace. Particulièrement représentée au Tibet, elle produit des fleurs blanches, parfois roses. Ses fameuses graines dormantes, elles, sont bleues !

La Pivoine : symbole de la Chine

De nombreuses légendes courent autour de cette fleur, dont on dit entre autres que certaines variétés étaient vendues plusieurs kilos d'or sous l'Empereur Yang-Ti. La fleur, symbole de richesse et d'honneur, est aussi acclamée pour ses vertus médicinales, notamment pour les propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires et apaisantes de ses racines.

Protéger une fleur, c'est préserver la biodiversité

Pourquoi tant d'attachement à préserver une petite fleur ? Parce que la vitesse à laquelle déclinent nos espèces végétales dans le monde s'accélère chaque année. Pour maintenir la biodiversité qui alimente nos cultures, mais aussi la survie de notre espèce et des espèces animales, tous les gestes comptent : c'est en préservant chaque espèce que l'on pourra espérer préserver la totalité d'entre elles.
 

 

 

Partners on the subject

To go further...

Rewind