La place des champignons et des lichens parmi les vivants

Longtemps négligés des botanistes, les champignons jouent un rôle essentiel parmi les organismes vivants.

Définition et caractéristiques des champignons

Dans sa classification du vivant, à la fin du XVIIIème siècle, le botaniste suédois Linné répartissait les êtres vivants entre le « règne animal » et le « règne végétal », et il plaçait les champignons parmi les végétaux.

Comme ils ne ressemblent en rien aux plantes chlorophylliennes, et encore moins aux plantes à fleurs, et comme ils semblent très éloignés des animaux, les champignons avaient alors été classés parmi les « végétaux inférieurs », à côté des mousses et des fougères.

C’est pour cela qu’on leur a attribué des « caractères botaniques ». Comme leur rôle dans la biodiversité – mot inventé vers 1980 – n’avait pas été compris, et comme la détermination de leurs espèces n’étaient pas évidente, les champignons ont longtemps été négligés par les botanistes, maintenant devenus mycologues…

À la fin du XXème siècle, juste avant d’être remplacée par l’actuelle classification phylogénétique, l’ultime évolution de la classification linnéenne comptait cinq « règnes » : bactéries, archées, végétaux, champignons, animaux.

Bon à savoir : Aujourd’hui, Le mot « règne », qui appartient au langage propre de la classification linnéenne, ne devrait plus être utilisé. Au lieu de parler du « règne fongique », on doit maintenant parler du « clade des champignons », ou simplement, de manière plus compréhensible du grand public, « des champignons ». En effet, la classification phyllogénétique parle désormais de « clade », ne contenant que des organismes apparentés entre eux, descendant d’un même « ancêtre commun ».

Quels sont les caractères distinctifs des champignons ?

  • La paroi des cellules de champignons contient de la chitine, jamais de cellulose ou d’hémicelluloses. Ceci les sépare des végétaux, dont les parois cellulaires sont cellulosiques. En revanche, la chitine se trouve aussi dans les carapaces d’insectes, entre autres.
  • Comme les animaux, et contrairement aux plantes, les champignons sont hétérotrophes : ils doivent trouver leurs nutriments dans leur environnement. Mais, à la différence des animaux qui ingèrent leur nourriture avant de la digérer, les champignons effectuent une digestion extracellulaire : à travers les parois de leurs cellules, ils émettent des enzymes digestives qui digèrent ces nutriments, puis ils absorbent les molécules assimilables.

Il faut savoir également que le langage courant ne désigne, sous le nom de champignon, que l’organe qui lui permet de se reproduire : son sporophore. Le sporophore, étymologiquement « porteur de spores », est classiquement représenté avec un pied et un chapeau, comme chez les bolets, amanites, agarics, …. De nombreuses espèces de champignons (comme les Gloméromycètes, champignons des sols en symbiose avec les plantes) ne développent jamais de sporophores. Le champignon lui-même est formé d’un réseau de minuscules cellules allongées, difficilement visibles dans le sol ou dans le substrat nourricier.

Leurs modes de vie et leur alimentation

Hétérotrophes, les champignons obtiennent le carbone dont ils ont besoin à partir de matière organique, soit par symbiose avec un végétal chlorophyllien, soit en parasitant un tel végétal (plus rarement un animal), soit en décomposant des organismes morts.

Les champignons peuvent même être carnivores : certains champignons du sol « capturent au lasso » les nématodes - minuscules vers transparents - dont ils se nourrissent…

Certains d’entre eux sont des « décomposeurs » (scientifiquement appelés « saprotrophes ») : « éboueurs » de la nature, ils participent, avec les bactéries, à la décomposition des organismes dont ils se nourrissent.

D’autres sont des parasites : ils se nourrissent directement sur les êtres vivants, en leur portant préjudice. Ils peuvent causer des dommages, par exemple pour l’agriculture.

Au contraire, d’autres vivent en symbiose avec un végétal : celui-ci fourni sa matière organique au champignon, qui en échange, lui apporte de l’eau, des sels minéraux comme le phosphore et des molécules organiques. Le champignon est indispensable à la croissance du végétal et participe à sa protection contre diverses agressions. Réciproquement, le champignon ne se développe bien qu’avec ce que lui apporte le végétal.

Lichen ou champignon ?

Le lichen n’a pas toujours été considéré comme faisant partie des champignons.

Aujourd’hui, un lichen est bien un champignon, plus précisément un « champignon lichénisé », car c’est le champignon qui est dominant et qui se reproduit.

Lorsqu’une spore du champignon forme un nouveau mycélium, et selon les espèces, celui-ci s’associe rapidement à son algue unicellulaire habituelle ou à une cyanobactérie, omniprésentes dans son environnement. Il forme avec elle une étroite symbiose. L’organisme composite qui en résulte est un organisme chimérique, un « super-organisme » aux capacités de survie exceptionnelles. Il est autotrophe pour le carbone atmosphérique grâce à la photosynthèse effectuée par l’algue ou la cyanobactérie.

Le champignon profite des molécules organiques synthétisées par l’algue, et l’algue est en retour abritée par le champignon, qui lui procure l’abri et l’humidité indispensables à sa survie. En cas de sècheresse prolongée, les deux associés se mettent en état de vie ralentie, et le lichen retrouve toute sa vigueur dès la première pluie, c’est la reviviscence.

 

 

Le rôle des champignons dans les écosystèmes 

Les usages des champignons et des lichens

Qu'est-ce que la mycologie ? 

Quelques chiffres

 

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