Comment mangent les plantes carnivores ?

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Les plantes carnivores se nourrissent d’insectes, d’invertébrés, et parfois de petits mammifères. Pour attraper leurs proies, elles ont mis au point plusieurs techniques subtiles et efficaces : peu de chances d’en réchapper…

La technique du piège

Pour se nourrir d’insectes, les différentes espèces de plantes carnivores utilisent différentes astuces : elles peuvent ainsi les attirer, les capturer et enfin les digérer. Avec des caractéristiques morphologiques particulières, les plantes carnivores mettent au point différents subterfuges. De forme spécifique, les feuilles vont piéger les insectes et non les fleurs ! Quelle que soit sa forme, le piège reste éloigné des fleurs : pour assurer sa reproduction, la plante carnivore a aussi besoin d’insectes vivants, assurant la pollinisation. L’insecte pollinisateur ne doit pas se retrouver piégé ! La plante carnivore sait sélectionner ses proies. Parmi les pièges utilisés par la plante, on retrouve :

  • Les pièges actifs, impliquant un mouvement vif de la plante
  • Les pièges semi-actifs, où le mouvement est beaucoup plus lent
  • Les pièges passifs, lorsque la plante ne bouge pas.

 

Quels sont ces pièges ?

Les pièges à loup, ou à mâchoires

Le piège est constitué de feuilles formant une paire de mâchoires. De couleur rouge vif, et semés de glandes nectarifères, les deux lobes attirent une proie. Une fois posé sur la feuille, l’insecte est détecté par des petits cils, et les lobes se referment rapidement, comme une mâchoire ou un piège à loup. Bordés de dents qui s’entrecroisent, ils empêcheront l’insecte de s’enfuir. Les glandes situées à l’intérieur des lobes permettent quant à eux la digestion de la proie. On estime la vitesse de fermeture à 1/40e de seconde environ. La célèbre dionée, parmi les plantes carnivores les plus connues, se distingue par l’efficacité de son piège à loup.

Les pièges à glu ou à tentacule

En général passif, le piège à glu rappelle le papier « tue-mouches ». Parfois recouvertes de tentacules, les feuilles sont couvertes de petits poils collants ou « glanduleux » : ces derniers sont terminés par de petites glandes qui secrète du mucilage, un mucus adhésif, qui permet de coller les insectes. Ils sont ensuite digérés. La Drosera comme la grassette Pinguicula ont la particularité de replier leurs feuilles pour saisir l’insecte et le digérer. C’est un piège semi-actif.

Les pièges à urne

De forme très caractéristique, les feuilles de la plante se referment, soudées ou non, en cornet tubulaire. A l’entrée du tube se situe une glande nectarifère pour attirer la proie, qui une fois entrée dans le tube ne peut plus en sortir : la paroi de l’urne est visqueuse, ou couverte de poils dirigés vers le bas.

Au fond du piège, les proies se noient dans un liquide de digestion ou dans de l’eau, avant d’être digérées. Pour certaines espèces, les urnes sont pourvues d’opercules, d’autres sont équipées d’un trop-plein, pour éviter que les proies ne s’échappent en cas de débordement. Si la capture est passive, le piège ne manque pas de subtilités. Modèles du genre, les urnes du Nepenthes rajah peuvent mesurer jusqu’à 35 cm de haut pour 18 cm de large : de quoi attraper batraciens, souris et rats…

Les pièges à aspiration ou à succion

Ne fonctionnant qu’en milieu aquatique, le piège à succion est le propre de l’Utricularia, l’utriculaire. Sans racines, la plante est pourvue de minuscules tiges qui pousse hors sol, bien visibles, et dans l’eau ou dans le sol, non visibles. Sur ses tiges poussent les feuilles, dont certaines portent de petits utricules, sortes de petites outres.

A l’avant, l’urticule est ouverte par un orifice bordé de poils ramifiés. Certains commandent le déclanchement du piège, et d’autres guident la proie. Une fois la proie détectée, l’utricule s’ouvre et aspire l’eau et la proie, en moins d’1 / 500e de seconde. L’eau est ensuite expulsée, et la proie peut être digérée. On considère que c’est le piège le plus sophistiqué que l’on trouve parmi les plantes carnivores.

Les pièges à nasse

Le genre Genlisea a mis au point un piège bien particulier, pour capturer les protozoaires de l’eau. Souterraines, dans la boue ou dans l’eau, ses feuilles transformées prennent la forme de fourches.

En générant un flux d’eau, la plante parvient à guider les proies vers les bras de la fourche, spiralés, creux, et couverts de poils. La proie ne peut s’échappée et est guidée vers là où convergent les bras de la fourche, dans une chambre de digestion. Les techniques et les proies sont nombreuses et variées…

 

Pièges, nutrition, digestion : retrouvez comment mangent les plantes carnivores 

 

 

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