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Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

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Que met-on vraiment dans « le bio » ? Une agriculture soucieuse de l’environnement et de la biodiversité ? Une agriculture vertueuse pour ceux qui la pratiquent et ceux qui en profitent ? Une agriculture durable qui restaure les écosystèmes et les préserve pour les générations futures ? On vous dit tout ce qu’il faut savoir sur l’agriculture biologique !

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Caractéristiques de l’agriculture biologique

 

Si la France a adopté des principes pour une agriculture alternative à partir de 1980, c’est l’Union Européenne qui, depuis 1991, définit le cadre de l’agriculture dite biologique. Selon le dernier règlement applicable depuis le 1er janvier 2022, l’agriculture biologique poursuit plusieurs objectifs :

 contribuer à la protection de l’environnement et du climat ;

préserver la fertilité à long terme des sols ;

contribuer à atteindre un niveau élevé de biodiversité ;

 apporter une contribution notable à un environnement non toxique ;

 contribuer à des normes élevées en matière de bien-être animal ;

 favoriser les circuits courts de distribution et les productions locales ;

 encourager la préservation des races rares et autochtones menacées d’extinction.

Elle se base sur des principes structurants comme le respect des cycles naturels, le maintien et l’amélioration de l’état du sol, de l’eau et de l’air, de la santé des végétaux et des animaux, ainsi que de l’équilibre entre ceux-ci, la préservation des éléments de paysages naturels, ou l’utilisation responsable de l’énergie et des ressources naturelles.

C’est, comme le résume le Ministère de l’Agriculture, « un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels, qui exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants. ».

S’il est difficile d’en poser une définition uniforme, c’est parce que « le bio » est en réalité un ensemble de cahier des charges très contraignants qui définissent, pour chaque type de culture, une liste de critères à appliquer pour pouvoir s’en réclamer. Ces critères sont contrôlés et évalués régulièrement par des organismes agrées, en France par l’INAO (Institut National de l’origine et de la qualité), et signalés par le label « AB » (pour Agriculture Biologique).

En matière de bien-être animal par exemple, un certain nombre de pratiques sont évaluées pour obtenir un label bio* :

● Les animaux ont accès à un parcours extérieur ;

● La taille des bâtiments et la densité des animaux sont limitées ;

● Chaque animal dispose d’un espace bien aéré, de lumière et d’une surface minimum, paillée à l’intérieur des bâtiments, lui permettant de se mouvoir librement ;

● Les animaux sont nourris avec une alimentation bio ;

● La santé des animaux est axée principalement sur la prévention, avec des méthodes et conditions d’élevage privilégiant le bien-être de l’animal et stimulant les défenses naturelles ;

● Toute souffrance doit être réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage ;

● Le personnel chargé des animaux possède les connaissances et les compétences élémentaires nécessaires en matière de santé et de bien-être des animaux.

La réglementation en agriculture biologique interdit l’usage de produits chimiques de synthèse tels que les pesticides. Pour éviter des dommages aux cultures causés par les ravageurs, les maladies, les mauvaises herbes, l’agriculture biologique va privilégier* :

● Des variétés de semences spécifiquement sélectionnées pour l’agriculture biologique pour leur résistance aux maladies ;

● Des techniques culturales spécifiques comme la rotation des cultures ;

● Des techniques mécaniques pour lutter contre les mauvaises herbes : travail du sol, désherbage thermique, paillage, solarisation ; 

● Des alternatives biologiques pour lutter contre les organismes nuisibles.

Ce n’est qu’en cas de menace avérée pour une culture qu’un produit de traitement phytopharmaceutique peut être utilisé. Ces produits, tous d’origine naturelle, doivent être autorisés par le règlement européen encadrant l’agriculture biologique et bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché.

En 2021, en France, 10,3% des surfaces agricoles étaient engagées en agriculture biologique, représentant 58 413 exploitations, 2,78 millions d’hectares et 18% des emplois agricoles*.

* source : Agence française pour le développement du bio et la promotion de l’agriculture biologique

 

Quelles différences entre l’agriculture biologique et l’agriculture raisonnée ?

Si l’on devait tracer une ligne avec à une extrémité l’agriculture intensive, et à l’autre extrémité l’agriculture biologique, l’agriculture raisonnée essaierait de se situer au milieu, à un point d’équilibre.

L’association FARRE est à l’origine, en France, de la promotion de ce type d’agriculture pour laquelle elle propose une définition en 1993 : « une agriculture raisonnée, ou intégrée, tout en s’appliquant à conserver une productivité satisfaisante, s’efforce d’appliquer des pratiques agricoles cohérentes avec la protection de l’environnement. Elle met en pratique les progrès scientifiques dans le domaine de l’agronomie afin de trouver l’équilibre le plus juste possible entre les besoins de l’exploitation agricole et l’impact environnemental. »

Depuis 2002, l’agriculture raisonnée est codifiée dans le code rural et dispose d’un référentiel national de 103 exigences portant sur le respect de l'environnement, la maîtrise des risques sanitaires, la santé et la sécurité au travail et le bien-être des animaux, et pouvant donner lieu à la délivrance du label HVE (pour Haute Valeur Environnementale) ou du label AR (agriculture raisonnée). L’agriculture raisonnée n’interdit pas le recours aux produits chimiques ni aux OGM, mais encourage les agriculteurs à les proscrire au maximum. La certification concerne l’exploitation, pas les produits, et elle s’obtient aux termes d’obligations de moyen, pas de résultat.

D’après ses défenseurs, l’agriculture raisonnée permettrait de mieux répondre à la demande en volume d’une population mondiale toujours plus importante, tout en s’éloignant progressivement des dérives de l’agriculture intensive. Elle permettrait aux agriculteurs une transformation plus en douceur de leurs exploitations comparée à l’agriculture biologique. Ses détracteurs avancent, eux, un manque de transparence pour le consommateur, et des critères peu contraignants qui ne permettent pas d’améliorer de manière significative l’empreinte de l’agriculture sur l’environnement.

 

Impacts de l’agriculture biologique sur la biodiversité

Grâce à ces pratiques vertueuses, l’agriculture biologique permet de protéger les espèces et de préserver voire restaurer les écosystèmes terrestres et aquatiques, notamment du fait de :

 

● la non utilisation des pesticides de synthèse ou de produits biocides qui détruisent la biodiversité dans les champs et les espaces environnants,

● la présence de prairies, haies, bandes enherbées et des rotations de cultures plus diversifiées et plus longues offrent des abris et des ressources alimentaires plus variées et continues,

● le recours à des prédateurs ou des méthodes naturelles, qui entretient la bonne santé et l’équilibre des écosystèmes

● la préservation d’une faune et d’une flore diversifiée qui permet d’améliorer le rendement des cultures et la qualité des sols : les abeilles pour polliniser les cultures et les arbres fruitiers, les vers de terre pour fertiliser le sol, les coccinelles, les crapauds, les hérissons pour protéger les cultures, par exemple.

Au-delà la biodiversité, l’agriculture biologique a un impact non négligeable sur la santé, de ceux qui en consomment les produits mais aussi de ceux qui la pratique ou des riverains des exploitations.

Elle contribue aussi aux enjeux climatiques de réduction des gaz à effet de serre, notamment grâce à :

 

● L’emploi d’engrais organiques, qui permet d’éviter l’émission de CO2 nécessaire à la fabrication industrielle d’engrais chimiques de synthèse ;

● La culture de plantes légumineuses, qui permet la fixation biologique de l’azote dans le sol et réduit donc les émissions de protoxyde d’azote (NO2).

● Des rotations de cultures plus longues, qui limitent le nombre de labours et améliore la séquestration du carbone ;

● L’élevage en plein air sur des prairies permanentes qui fixent le carbone dans le sol et compensent les émissions de méthane des animaux ;

La protection des haies, des arbres et le maintien de bandes enherbées qui contribuent au stockage du carbone et à la bonne santé des écosystèmes.

 

Limites de l’agriculture biologique

Elles sont principalement de quatre ordres :

 

● Le rendement et l’étalement : en raison de la non-utilisation d’engrais et de pesticides chimiques, le rendement est généralement plus faible qu’en agriculture conventionnelle. Pour obtenir un rendement similaire, l’agriculteur bio aurait besoin d’une surface de culture plus grande, empiétant ainsi un peu plus sur les espaces naturels.

● Le coût : la certification AB est un processus long, régulier et coûteux. De nombreux petits exploitants ne peuvent en assumer les coûts sans les répercuter sur le prix du produit final. La transformation des installations existantes peut aussi représenter un investissement important pour des exploitants aux revenus déjà très modestes.

● La vulnérabilité : parce qu’elles ne font appel qu’à des solutions naturelles, les cultures biologiques sont généralement plus vulnérables aux maladies. L’intensification des catastrophes climatiques (feux, inondations, sécheresse), rend aussi ces exploitations plus fragiles.

● La concurrence : même s’il se démocratise, le bio est encore relativement cher par rapport à des produits issus de l’agriculture conventionnelle. Les produits bio français font en plus face à une concurrence féroce de produits importés qui ne jouent pas toujours selon les mêmes règles.

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