Tout savoir sur le quinquina
(Cinchona succirubra)
Arbre andin célèbre pour ses écorces toniques et amères, le quinquina a marqué l’histoire des fièvres et des boissons. Son écorce figure de longue date dans les usages médicinaux traditionnels.
Originaire des Andes (Équateur, Bolivie, Pérou), les quinquinas rouges et jaunes appartiennent à la famille des Rubiacées et poussent en montagne sous climat tropical humide. La pharmacopée moderne en a notamment tiré la quinine, molécule utilisée dans de nombreux médicaments antipaludiques.
Fiche d’identité du quinquina
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Nom scientifique : Cinchona succirubra (syn. C. pubescens)
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Famille : Rubiaceae (Rubiacées).
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Origine / répartition : Cordillère des Andes (Équateur, Pérou) ; 600–3300m d’altitude ; climat chaud & humide avec pluies abondantes ; cultivé aussi en Amérique du Sud, Afrique et Asie.
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Partie utilisée : écorce sèche (Cinchonae cortex), généralement réduite en poudre.
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Autres appellations : « arbre de la fièvre » (région de Loxa/Loja en Équateur), « poudre des jésuites » ou « poudre de la comtesse ou du cardinal » (histoire européenne).
Le quinquina est un petit arbre dont l’écorce fournit une matière première tonique et amère, traditionnellement employée en boissons toniques et dans des préparations médicinales. Elle renferme des alcaloïdes (dont quinine, quinidine, cinchonine, cinchonidine) ainsi que des proanthocyanidines (cinchonaïnes).
Description botanique
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Taille & port : jusqu’à 10 m (tronc env. 20 cm de diamètre), rameaux dressés.
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Feuilles : décussées, elliptiques ou ovales, papyracées (minces et rigides) au séchage ; les feuilles âgées rougissent.
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Inflorescences & fleurs : cymes terminales ; corolle rose à pourpre, tube 9-14 mm à 5 lobes, intérieur blanc couvert de poils blancs.
Écologie & habitat du quinquina
Espèce des montagnes tropicales humides (Andes, Costa Rica), le quinquina se rencontre en forêts andines et en plantations ; son aire d’introduction s’étend à d’autres zones tropicales (Afrique – Congo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Asie) et on le retrouve jusqu’en Polynésie.
Dans certains pays comme l’Équateur, des pratiques de récolte non destructrice de l’écorce (sur branches de 6–8 ans, régénération en 2–3 ans) ont été mises en place pour mieux préserver les arbres.
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Usages traditionnels médicinaux & bienfaits du quinquina
Une grande partie de la production de quinquina est aujourd’hui destinée à l’industrie agroalimentaire et la production de toniques amers utilisés dans des cocktails.
Côté applications médicinales, le quinquina est particulièrement connu pour ses effets sur :
- Fièvre et paludisme : le quinquina était utilisé par les Incas et les populations indigènes andines bien avant l’arrivée des colons espagnols, mais ce sont les jésuites du Pérou qui en valoriseront l’action sur la fièvre dès le XVIIe siècle. Sa réputation d’écorce anti-fièvre a ensuite gagné toute l’Europe qui le connaît alors sous le nom de « poudre des jésuites ». Elle soignera même Louis XIV et son fils, le Grand Dauphin. Son action antipaludique viendra cimenter plus tard sa place au sein de la médecine moderne. Depuis les années 1960 il a cependant été remplacé par la chloroquine, un produit de synthèse.
- Appétit et prise de poids : il est indiqué en médecine traditionnelle comme stimulant de l’appétit et généralement reconnu comme facilitant la prise de poids qui en découle.
- Cuir chevelu : utilisé traditionnellement en cas de démangeaisons et desquamations du cuir chevelu, et pour lutter contre la chute de cheveux.
Quinquina ou quinine : quelle différence ?
- Le quinquina est la plante (Cinchona), dont l’écorce (Cinchonae cortex) est utilisée.
- La quinine est un alcaloïde, un composant naturellement présent dans cette écorce (aux côtés de la quinidine, cinchonine, et cinchonidine) c’est une molécule historiquement isolée et utilisée en médicament.
FAQ
Dans les usages traditionnels, l’écorce de quinquina est réputée comme stimulant de l’appétit. Elle est aussi historiquement associée à la lutte contre la fièvre (fébrifuge) et le paludisme (antipaludéen naturel). Enfin, elle est utilisée traditionnellement pour soulager le cuir chevelu des démangeaisons et desquamations et pour combattre la chute de cheveux.
Le quinquina rouge renvoie à C. succirubra (syn. C. pubescens) ; le quinquina jaune à C. ledgeriana (ou C. calisaya), tous deux référencés pour leur écorce dans la pharmacopée européenne. Il existe aussi le quinquina gris (C. officinalis), un arbuste endémique du sud de l’Équateur.
Oui, même si on a remplacé la quinine par la chloroquine dans les médicaments antipaludiques, on la retrouve encore dans les boissons toniques amères et apéritifs amers, donc dans de nombreux cocktails très populaires, et en soin stimulant du cuir chevelu.
L’usage des plantes médicinales peut présenter des risques. Les usages traditionnels ne valent pas promesse thérapeutique. Avant tout usage personnel, demandez conseil à un professionnel de santé.
Pour aller plus loin
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