Tout savoir sur le gingembre
Zingiber officinale
Plante aromatique des Zingibéracées, le gingembre est réputé pour son goût citronné et piquant, apprécié en cuisine et utilisé de longue date dans les médecines traditionnelles.
Originaire d’Asie du Sud-Est, Zingiber officinale se cultive aujourd’hui dans de nombreux pays tropicaux. Son rhizome parfume boissons, plats et pâtisseries ; il est aussi utilisé dans des préparations médicinales à base de plantes, notamment pour la digestion et les nausées.
Fiche d’identité du gingembre
-
Nom scientifique : Zingiber officinale
-
Famille : Zingiberaceae (Zingibéracées)
-
Noms vernaculaires : Halia (Indonésie), Sakamalao (Madagascar), Ajirinri (Kichwa, Équateur)
-
Origine / diffusion : Asie du Sud-Est, Malaisie, Indonésie, Australie, Afrique, Équateur.
-
Habitat : sous-bois tropicaux, jardins et parcelles cultivées
-
Partie utilisée : rhizome (frais, sec, confit, en poudre)
Rhizome épicé au profil aromatique citronné-piquant, le gingembre est un ingrédient phare des cuisines d’Asie et d’ailleurs (boissons/infusions, currys, woks, pâtisserie). Il figure aussi, dans de nombreux territoires, parmi les plantes traditionnellement utilisées pour le confort digestif et les nausées.
Description botanique
-
Port : herbacée en touffes à pseudo-tiges ; hauteur de 30 cm à 1 m selon les terroirs et la culture.
-
Feuilles : étroites et lancéolées, disposées en deux rangées alternes, à limbe vert lustré.
-
Inflorescences / fleurs : épis compacts portant des fleurs jaunes à jaune-verdâtre.
-
Rhizome : tubéreux et ramifié, riche en composés aromatiques (dont gingerols/shogaols).
Écologie & habitat du gingembre
Plante de forêts tropicales et clairières humides, le gingembre est cultivé en jardins et petites parcelles. Il contribue à la couverture du sol, au maintien d’un microclimat local et offre des micro-habitats à la petite faune au sein de systèmes agroforestiers.
Usages médicinaux & culinaires du gingembre
En cuisine, le rhizome s’emploie frais, sec ou en poudre pour des boissons, des infusions, des plats sautés, currys, marinades, et pâtisseries.
Côté médecine traditionnelle, selon les régions, il peut être préparé en tisanes, décoctions, cataplasmes ou associé à d’autres plantes. Il est couramment utilisé pour :
- Nausées : traditionnellement utilisé pour aider à soulager les nausées (dont mal des transports).
- Digestion : réputé pour améliorer le confort digestif et stimuler l’appétit, soigner les maux d’estomac et les coliques.
- Articulations & muscles : usages traditionnels pour le confort articulaire et musculaire (en application externe ou en boisson selon les pratiques), notamment pour soulager les courbatures.
- Voies respiratoires : dans certaines traditions, utilisé en cas de rhume, toux et états grippaux.
- Anti-venin : en Amazonie équatorienne, il est appliqué en cataplasme sur les morsures de serpent légères.
Gingembre ou galanga : quelle différence ?
Bien qu’appartenant à la même famille (Zingibéracées), ces deux plantes ont des profils distincts :
- Gingembre (Z. officinale) : saveur citronnée-piquante, fleurs jaunes ; fortement associé, dans les traditions, aux nausées et au confort digestif.
- Galanga (Alpinia galanga) : arômes camphrés-poivrés, fleurs verdâtres veinées de rouge ; davantage cité pour le confort digestif et des usages peau/cuir chevelu.
Découvrez ici l’épisode de notre série vidéo “Faux pas pousser” consacré aux différences entre le galanga et le gingembre.
Découvrez notre fiche sur le galanga et ses usages médicinaux traditionnels.
Usages du gingembre selon les territoires
- Indonésie (Florès) : 3 sous-variétés vernaculaires de gingembres : Gajah (var. macrorhizobium, cultivé comme produit agricole et destiné à l’export), Emprit (var. amarum, la plus appréciée pour son goût piquant et ses propriétés médicinales) et Rouge (var. rubrum, dont l’huile essentielle est particulièrement réputée).
-
Madagascar : connu sous le nom de Sakamalo, le gingembre y a un large éventail d’usages traditionnels (digestif, antiémétique, respiratoire, articulations).
-
Amazonie équatorienne (population kichwas) : l’Ajirinri est réputé pour ses usages digestifs et respiratoires, ses fonctions anti-venin, et les préparations associées à la santé des femmes. Il est aussi utilisé pour l’entretien de la maison.
Sur les terres du gingembre, découvrez nos engagements et actions sur les plantes médicinales :
- En Equateur, auprès des populations kichwas et des lycéens pour préserver les savoirs médicinaux ancestraux
- En Indonésie, sur l’île de Florès pour la constitution de filières responsables et la transmission de savoirs entre anciens et jeunes écoliers
- À Madagascar, avec la formation des tradipraticiens et villageois
Où le trouve-t-on aujourd’hui ?
Originaire d’Asie du Sud-Est, le gingembre Zingiber officinale est largement cultivé dans la zone tropicale (Malaisie, Indonésie, Équateur…) et s’est diffusé jusqu’en Australie et en Afrique. Il pousse surtout en jardins et parcelles au sein de systèmes agroforestiers.
©Chérif-Jacques Allali (licence CC BY-SA 2.0)
FAQ
Une note citronnée-piquante, fraîche et épicée, qui relève autant les boissons/infusions que les plats et la pâtisserie.
Le traitement des nausées (mal des transports, anti-vomitif) et le confort digestif (antispasmodique) ; s’y ajoutent, selon les territoires, des usages antibactériens, anti-inflammatoires ou analgésiques.
Même famille, mais arômes et usages distincts : le gingembre est citronné-piquant et très associé aux nausées ; le galanga est camphré-poivré et davantage cité pour le confort digestif et des usages cutanés.
Le rhizome exclusivement, qui se consomme frais, sec, confit, en poudre, ou dont on tire une huile essentielle.
Oui, des variétés locales de Zingiber officinale sont notamment exploitées en Indonésie : le Gajah, l’Emprit et le gingembre Rouge.
Le terme peut désigner une plante d’ornement aux fleurs bleues, Dichorisandra thyrsiflora, qui n’est pas un gingembre culinaire, ou du gingembre comestible (Zingiber officinale), particulièrement celui cultivé à Madagascar, dont la chair montre un anneau bleuâtre, sans que cela nuise à l’usage culinaire ou médicinal.
Ces appellations sont vernaculaires et ne renvoient pas au vrai gingembre (Zingiber officinale).
« Gingembre mangue » désigne ainsi Curcuma amada ou mangga (Zingibéracées), un curcuma au rhizome parfumé rappelant la mangue.
« Gingembre-safran » ou « safran péi » est une appellation locale à La Réunion pour désigner Curcuma longa (curcuma), un rhizome à la pulpe rose-orangée et à la saveur douce.
« Gingembre sauvage » est le nom donné à Asarum canadense (Aristolochiacées), une plante sans lien avec les gingembres véritables, qui a une odeur rappelant le gingembre mais qui est toxique.
En nomenclature botanique, le mot qui suit le nom scientifique est l’auteur du nom (auteur botanique). « Roscoe » désigne William Roscoe, botaniste britannique du XIXe siècle qui a publié la description du gingembre cultivé. « Roscoe » ou « Rosc. » n’indique donc pas une variété ni un usage particulier ; c’est simplement l’attribution scientifique du nom de l’espèce.
L’usage des plantes médicinales peut présenter des risques. Les usages traditionnels ne valent pas promesse thérapeutique. Avant tout usage personnel, demandez conseil à un professionnel de santé.