Tout savoir sur la biodiversité d'un verger

Du petit bout de jardin au grand verger agricole, le verger n’accueille pas que des arbres fruitiers ! Nombreuses, les espèces végétales participent aussi à une belle et savoureuse récolte.

Le verger, un patrimoine exceptionnel pour la biodiversité

Depuis l’antiquité, l’agriculture fruitière ou arboriculture fait partie du patrimoine français. Pommes, poires, pêches, nectarines, prunes, cerises… nos meilleurs fruits sont cultivés en verger du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest du territoire. Du vieux verger abandonné toujours généreux en petit bout de jardin bien entretenu, ils sont tous le lieu d’une biodiversité foisonnante.

Au jardin ou en ville, retrouvez d’autres richesses de biodiversité 

On détermine quatre formes différentes de verger, pour une diversité végétale plus ou moins riche :

  • Le verger traditionnel, dont les arbres espacés, abrite une prairie d’herbe et de plantes sauvages. En Normandie, il est magnifique au printemps, lorsque les vaches paissent sous les pommiers en fleurs. En Alsace et en Lorraine, il promet de délicieuses spécialités à la mirabelle. Présent dans toute la France, sa culture est aujourd’hui en déclin. Sa biodiversité est pourtant l’une des plus riches.
  • Le verger conservatoire, qui n’a pas vocation à exploiter les fruits : il s’attache seulement à protéger les espèces qui y vivent. Il a été mis en place dans de nombreuses régions, pour maintenir en vie un patrimoine en voie de disparition. Le plus souvent, des variétés plus anciennes y sont plantées : c’est une mémoire vivante, riche d’une belle diversité.
  • Le verger en jardin potager : il est constitué des quelques fruitiers qui vivent en bon voisinage avec les légumes du potager. Il partage la biodiversité du jardin potager.
  • Le verger commercial, destiné à la commercialisation des fruits : Par souci de productivité, celui-ci est le plus susceptible de s’éloigner d’une culture traditionnelle, pour s’orienter vers l’intensification. Mécanisation, traitements phytosanitaires… il est le mode de culture où la biodiversité est la plus fragile.

Chacun de ces vergers dessine nos paysages métropolitains, entre arbres fruitiers, haies, prés... Ils varient au gré des saisons et des régions, tout comme les espèces qui grandissent à leur pied.

Des fruits, mais pas seulement

Quelles sont les espèces végétales qui vivent au verger ?

Une culture fruitière compte à la fois les espèces dites « productives », soit les fruitiers à proprement parler, et les espèces « ressources », elles sont essentielles à la survie du verger.

Celles-ci sont connues pour favoriser la pollinisation, en attirant les butineurs. Les abeilles, bourdons, papillons raffolent des noisetiers, pruneliers, lierres, ronces et saules qui bordent les vergers, en haies protectrices. Ils aiment les herbes folles qui grandissent à l’ombre des arbres fruitiers, comme le pissenlit ou le trèfle. Les rosiers des champs, l’aubépine, les renoncules sont des incontournables des vergers abandonnés ou peu entretenus.

Les espèces ressources permettent aussi de lutter contre les nuisibles, ou de participer à la décomposition des végétaux, pour un enrichissement de la terre : les vergers où l’on intervient peu sont riches en mousses, lichens et champignons. Ces derniers sont essentiels au bon équilibre de l’écosystème.

Au verger, la présence et la variété des espèces végétales « ressources » dépendent du degré et du mode de culture du verger : la diversité des espèces est mise en cause par une agriculture intensive et spécialisée.

Quand la culture met en danger ses propres fruits

Paradoxalement, la culture des fruits peut représenter un danger pour ses propres produits, par la menace qu’elle représente pour la biodiversité. L’intensification et la spécialisation en sont les principales responsables.

Pour produire davantage, les vergers rassemblent de plus en plus d’individus d’une même espèce fruitière, au détriment de variétés : contre la biodiversité, cette technique appauvrit les échanges entre les espèces végétales, et l’équilibre de l’écosystème.

A la spécialisation s’ajoute la mécanisation, qui elle-même représente une menace pour les sols et les espèces végétales « ressources ». Les haies et les bordures naturelles sont notamment détruites ou sont recréées artificiellement.

L’intensification accroit aussi les besoins en eau : pour satisfaire les besoins de plus en plus grands, l’eau est puisée des nappes phréatiques. Ces dernières mettent de plus en plus de temps à se remplir.

Dès lors que l’écosystème est déséquilibré, les espèces sont fragilisées. L’appauvrissement de la biodiversité végétale comme animale a aussi des conséquences sur les espèces productives, c’est-à-dire sur les fruits eux-mêmes. De plus en plus fragiles, elles sont plus sensibles à leur environnement : variations climatiques, phénomènes météorologiques, insectes nuisibles…

Le déséquilibre de l’écosystème du verger est aussi à l’origine de l’utilisation massive de produits phytosanitaires. Fongicides, pesticides, insecticides sont utilisés pour enrayer les effets d’une chute de la biodiversité… mais contribuent à la détruire toujours plus.

 

 

 

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