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La biodiversité d’un jardin

La biodiversité d’un jardin

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Potager, d’ornement ou public, le jardin, un petit coin à soi ou partagé, aménagé comme on l’entend. Mais si l’être humain en est à l’origine, le reste lui échappe et c’est tant mieux.

 

Au jardin, la biodiversité s’installe. Plus elle est riche et variée, plus les récoltes sont boostées, le sol en bonne santé, les nuisibles repoussés... …elle instille la vie dans ce bout de terre et est la meilleure assistante dont un jardinier puisse rêver. À condition d’en prendre soin !

Colonnes
7/10
7 Français sur 10 prennent plaisir à entretenir un jardin
63%
63 % des Français disposeraient d’un jardin privé (58%) ou partagé (5%)
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95% des jardiniers sont prêts à utiliser des produits respectueux de l’environnement
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La biodiversité, petite ouvrière du jardin

Le jardin est un écosystème cultivé : contrairement à un écosystème naturel, on y intervient en choisissant et en organisant les espèces végétales qui le composent. Mais cela n’empêche pas d’autres espèces de venir spontanément emménager ! Ce sont elles qui vont conditionner sa bonne santé en initiant des échanges à tous les étages.

La nature aide la nature

Au jardin, la biodiversité ne se mesure pas au nombre d’espèces ayant élu domicile dans cet espace délimité, mais plutôt à la diversité, la qualité et la richesse de leurs échanges. Les jardiniers le savent bien, les plantes et animaux coopèrent pour maintenir la bonne santé de l’écosystème. Le ver de terre aère le sous-sol et lui évite de trop se compacter, les « mauvaises herbes » aident à maintenir son humidité en surface et à ralentir l’évaporation, les oiseaux de passage aident à renouveler son couvert et à répandre les graines…Les plantes aussi s’entraident et combinent leurs efforts : la capucine attire les pucerons et les détourne des radis, tomates, et courgettes ; la lavande, au contraire, les éloigne, mais est le terrain préféré des abeilles qui aident les plantes mellifères et les fleurs à prospérer. D’autres vont repousser les nuisibles, ou aider à maintenir la bonne composition du sol, retenir l’humidité pour les voisines ou au contraire contribuer à assécher pour éviter le pourrissement des racines…

Le mix de biodiversité

Plus les espèces sont nombreuses, plus elles collaborent et plus l’écosystème maintient son équilibre : un écosystème équilibré est un écosystème pérenne, stable et résistant. C’est tout le principe de la permaculture qui cherche à limiter l’intervention humaine pour s’appuyer plutôt sur le rôle naturel de chaque espèce. Non content d’être un petit refuge de biodiversité local, le jardin sert aussi de relai à l’échelle d’un territoire : il permet d’assurer la liaison entre différents écosystèmes et l’épanouissement de leurs propres biodiversités.

Chaque type de jardin cultive son propre mix de biodiversité :

-Le jardin potager

Carottes, courgettes, tomates, salades, radis... la composition des jardins potagers dépend du climat comme du goût de chacun. On redécouvre de nos jours les espèces anciennes ou « légumes oubliés »[SN1]  : le cardon, le panais, le topinambour, le rutabaga, et l’on réintroduit des espèces sauvages, comme le chénopode. S’il est souvent destiné à la production alimentaire, le jardin potager est un excellent support pour cultiver une biodiversité bien plus large que les seuls légumes. Fleurs, herbes, arbustes enrichissent le milieu et aident à maintenir un bon équilibre.

-Le jardin aromatique

Souvent à proximité de la cuisine, le jardin aromatique n’est parfois même pas planté en pleine terre. Selon ses besoins en eau, en lumière ou en ensoleillement, on y trouve du thym, du romarin, de la sauge, du basilic, de la ciboulette, de la menthe, du fenouil…

En plus d’aider en cuisine, le jardin aromatique peut aussi se faire jardin médicinal, à l’image des jardins médiévaux : la verveine, la camomille, la menthe, le fenouil, l’anis étoilé… sont connus pour leurs multiples utilisations et bienfaits. Mais mieux vaut bien se documenter ou se renseigner auprès de son pharmacien avant de jouer au petit chimiste !

Ces plantes, pour la plupart mellifères, sont de vrais aimants à abeilles et insectes pollinisateurs. De quoi encourager la biodiversité même sur un rebord de fenêtre !

-Le jardin d’ornement

Pour le plaisir des yeux, mais aussi pour l’équilibre du jardin, le jardin d’ornement se cultive pour ses plantes à fleurs aux mille formes et couleurs. Graminées, vivaces, grimpantes, rampantes, abusives, buissonnantes, couvrantes… les variations d’espèces sont infinies et c’est tant mieux, vous n’aurez jamais trop de diversité !

-Le jardin fruitier

Le jardin fruitier c’est souvent le préféré de notre enfance : fraises, framboises, cassis, groseilles pour les buissons, abricots, mirabelles, pommes, cerises pour les arbres et arbustes… la biodiversité trouve sa place autour de ces espèces et leur assure un sol en bonne santé et des visiteurs de qualité ! (lien vers biodiversité du verger)

 

Prendre soin de la biodiversité du jardin

 

Même si elle est généralement l’objet de toutes les attentions de leur jardiniers amateurs, la biodiversité du jardin n’est pas à l’abri de quelques menaces, comme les parasites ou l’utilisation de produits phytosanitaires à outrance pour s’en débarrasser. Mais le risque est plutôt du côté de l’absence de biodiversité : jouant le rôle de relais entre les écosystèmes, surtout en milieu urbain, les jardins sont de précieux refuges pour une biodiversité autrement en mal de point de chute.

 

Une jardinière sur un rebord de fenêtre, une plante en pot sur un petit balcon, un carré potager à l’ombre d’un garage, il suffit de peu pour aider la biodiversité à se développer et l’on est souvent surpris de l’engouement soudain que peu susciter notre petit espace vert.

 

Planter des végétaux très demandeurs en eau dans une zone qui connait de grands épisodes de sécheresse n’est peut-être pas la meilleure option. Privilégiez autant que possible les espèces locales adaptées à votre environnement et évitez les espèces exotiques invasives : demandez conseil en jardinerie ou auprès des services dédiés de votre commune pour orienter vos choix. Et renseignez-vous aussi avant d’arracher, désherber ou tondre à l’aveuglette : certaines espèces sont de vrais piliers de l’écosystème que vous avez contribué à créer, il serait dommage de s’en débarrasser par méconnaissance ! Vous pouvez aussi consulter la liste des plantes menacées dans votre région, au cas où l’une d’entre elles aurait élu domicile dans votre jardin !

 

FAVORISER LA BIODIVERSITÉ DANS LES VERGERS HAUTE-TIGE

Favoriser la biodiversité dans les vergers haute-tige

Le verger haute-tige, pré-verger ou écoverger est une méthode inspirée du verger traditionnel. Le principe est d’associer les arbres fruitiers à de la prairie, en densité limitée. Cette proximité étudiée encourage la multiplication des espèces végétales – plantes herbacées, bourgeons et fleurs, bois morts… - et animales, qui viennent y trouver abris, supports et nourriture. L’arbre haute-tige est un arbre fruitier greffé à deux mètres de hauteur sur un porte-greffe qui lui confère vigueur et résistance. Associés à d’autres types de culture ou d’élevage, ces vergers rendent des services indispensables comme protéger du vent ou de l’érosion, contribuer à la qualité des sols, offrir un pâturage plus dense…Ils peuvent donc être mis en place dans tout type de milieu pour enrichir sa biodiversité !

La biodiversité est partout autour de nous  !

La biodiversité est partout autour de nous  !

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