La thérapie par le jardinage

L’hortithérapie se donne pour but de faire du jardin un espace d’épanouissement physique, mental, psychologique, social. Venant de l’anglais « Horticultural Therapy », le mot « hortithérapie » peut se traduire également par « jardinage à visée thérapeutique », ce qui permet aisément d’en saisir tous les enjeux : il s’agit de soigner, ou du moins d’aider à soigner, par la pratique du jardinage. Postulant que le jardinage peut avoir une fonction adjuvante voire thérapeutique, cette pratique s’adresse notamment aux personnes touchées par un handicap, atteintes d’une maladie grave, ou frappées d’exclusion sociale.

 

Le jardinage offre en effet un moyen complet d’épanouissement de soi, tant physique que psychique. L’hortithérapie l’utilise donc comme stimulant de valeur pour ceux qui ont besoin d’être encouragés à atteindre un objectif physique ou mental. La pratique du jardinage offre aux patients affaiblis l’occasion de prendre un peu d’exercice physique sans solliciter beaucoup d’efforts et leur permet ainsi d’améliorer en douceur leurs facultés physiques. Elle favorise la souplesse des articulations, stimule l’agilité des mouvements, renforce la résistance à la fatigue. Sur le plan psychique, véritable discipline de vie, le jardinage exige rigueur, patience et application. Porteur d’apaisement, c’est un exercice qui éveille les sens et l’imaginaire. À ce titre, il constitue un dérivatif pour de nombreux malades.

 

Initialement, c’était pour occuper les patients sou rant de pathologies mentales que l’on avait recours à l’hortithérapie, au XIXe siècle, en Angleterre et aux États-Unis. Mais la thérapie par le jardinage, présentant des vertus multiples pour ceux qui la pratiquent, peut être proposée à des patients pendant une convalescence, après un accident cardiaque, durant une rééducation fonctionnelle, suite à un traumatisme lourd, ou encore lors d’une maladie grave telle que le cancer. L’espoir de revoir fl eurir les jardins, l’attente de voir germer les graines et se développer les pousses, le contact avec la terre, l’authenticité, le sentiment d’accomplir quelque chose d’utile, quelque chose de beau, sont autant de valeurs portées par l’hortithérapie qui permettent à certains patients de retrouver un centre d’intérêt, de restaurer leur estime de soi, de se fi xer un cap à atteindre.

 

Socialement, le jardinage préserve l’individu du repli et de la solitude. Il favorise l’ouverture vers le monde extérieur en mettant l’accent sur la communication, verbale comme non verbale (le geste, le maniement des outils). Pour ce faire, il peut être un intermédiaire pour favoriser le contact avec des enfants et adolescents renfermés ou souffrant de troubles comportementaux.
L’hortithérapie est aussi une méthode employée pour lutter contre la perte d’autonomie des personnes âgées et accompagner des patients atteints de neurodégénérescence, à l’instar du « Jardin extraordinaire » de Vire (Calvados), qui accueille des malades souffrant de la maladie d’Alzheimer. Enfin, pour les personnes que la vie a fragilisées et marginalisées, le jardinage peut être un mode de réinsertion dans la communauté sociale.

 

Tissant du lien social autour de l’univers des plantes, la pratique du jardinage présente donc, dans un objectif thérapeutique, des atouts complets pour favoriser l’épanouissement personnel et la réalisation de soi.



 

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