Les menaces de la Flore méditerranéenne

Toute espèce végétale est utile. Même les plus petites ou insignifi antes ont leur place dans les écosystèmes. De plus, nombre d’entre elles n’ont pas encore été étudiées et recèlent peut-être des substances médicamenteuses utiles. C’est donc l’ensemble des espèces ainsi que leur environnement naturel qu’il s’agit de préserver.

 

En Méditerranée, les principales menaces qui pèsent sur les écosystèmes sont les suivantes :

  • l’urbanisation, surtout sur le littoral où se concentre 40 % de la population. La construction d’habitations et d’infrastructures (routes, ports, aéroports, commerces, industries) détruit les écosystèmes et les isole les uns des autres,
  • la gestion de l’eau, sa surexploitation qui assèche les milieux humides et fait disparaître les plantes qui leur sont liées,
  • le surpâturage, l’intensifi cation de l’agriculture ou au contraire l’abandon des pratiques agricoles traditionnelles,
  • le tourisme et les loisirs qui accentuent encore l’emprise sur le littoral et épuisent les ressources en eau,
  • la déforestation y compris la collecte de bois de chauffage ou de cuisson, surtout dans les pays du Sud,
  • les espèces exotiques envahissantes qui entrent en compétition avec les espèces indigènes et les font disparaître,
  • l’exploitation non durable des plantes par une récolte trop intensive,
  • les fréquents incendies de végétation, accidentels ou volontaires, qui détruisent de nombreuses espèces et entraînent l’érosion des sols,
  • les changements climatiques qui modifieront durablement les écosystèmes et qui feront ainsi disparaître certaines plantes rares et sensibles.

 

 menaces de la flore mediterraneenne

Depuis des décennies, le bassin méditerranéen est une destination touristique majeure. Il accueille chaque année 32 % des touristes du monde. Le corollaire de ce succès est une urbanisation croissante, principalement sur le littoral. Ces constructions, non seulement détruisent directement des milieux naturels, mais ont aussi des impacts indirects par la création de voies de communication, l’ouverture de carrières et l’épuisement des ressources en eau.

Si des mesures visant à les protéger ne sont pas rapidement prises, plusieurs espèces pourraient disparaître à court terme.

De nombreuses espèces végétales sont menacées, sans qu’il soit encore possible d’en évaluer le nombre, faute de connaissances suffi santes. Si des mesures visant à les protéger ne sont pas rapidement prises, plusieurs d’entre elles pourraient disparaître à court terme. Une petite modifi cation de leur milieu ou la disparition d’un insecte pollinisateur peut conduire à l’extinction d’espèces très rares. La cueillette par les collectionneurs ou l’introduction d’un prédateur peut avoir les mêmes conséquences.

La Lysimaque de Minorque

Lysimachia minoricensis J.J. Rodr.

 lysimaque

Endémique de cette île, la Lysimaque de Minorque, n’était connue que d’une seule localité, d’où elle a disparu vers 1930, sans que l’on en connaisse la raison. Elle a été retrouvée par hasard dans les ruines du jardin botanique de Barcelone, après la guerre civile. Malgré plusieurs tentatives de réintroduction dans son milieu originel, il n’a jamais été possible de reconstituer une population viable. Cela montre qu’il faut à tout prix préserver une espèce dans son milieu naturel plutôt que de se limiter à la conserver dans un jardin botanique ou une banque de semences.

 pivoine

La pivoine officinale

Paeonia officinalis L.

La pivoine officinale est une plante méditerranéenne géophyte. Considérée comme une espèce menacée, elle est protégée sur l’ensemble du territoire français. Longtemps utilisée à des fi ns médicinales, ce sont aujourd’hui ses qualités ornementales qui sont particulièrement prisées.

 

 

La pivoine officinale est, comme de nombreuses espèces rares ou endémiques des milieux ouverts méditerranéens, sensible à l’envahissement de son habitat par des ligneux suite à l’abandon des pratiques agro-sylvopastorales traditionnelles. Et pourtant, certaines populations de pivoine parviennent à se maintenir grâce à leur capacité à attendre de meilleures conditions de développement, parfois même pendant une dizaine d’années.

 

L’enjeu est de comprendre les conditions écologiques et les pratiques anthropiques favorisant la persistance de ces populations, et ainsi assurer la préservation de l’espèce.

 

Si les espèces cultivées n’envahissent généralement pas les milieux naturels, une vigilance particulière s’impose pour les plantes ornementales dites “méditerranéennes” vendues en jardinerie, mais qui sont en réalité originaires d’autres régions où règne un climat de type méditerranéen (Australie, Afrique du Sud, Amérique du Sud, Californie).

 

Adaptées aux conditions climatiques de la zone méditerranéenne, elles peuvent coloniser par endroits de grandes surfaces au détriment d’espèces indigènes. Ainsi le littoral méditerranéen est parfois envahi par la griff e de sorcière, originaire d’Afrique du Sud, qui recouvre les espèces locales et tend à les faire disparaître. Il est donc important de bien se renseigner avant de planter une espèce “exotique”.

 

 griffe de sorciere

La griffe de sorcière

Carpobrotus sp.

Originaire d’Afrique du Sud, la griffe de sorcière fut introduite en Europe dès 1860. Son implantation a été favorisée à cause de son aspect décoratif et de son rôle dans la stabilisation des talus. Sa faculté de dispersion provient d’une production abondante de graines, de leur diff usion effi cace (surtout par les animaux) ou encore de la croissance rapide de ses stolons.

Au niveau écologique, il est à noter que les Carpobrotus font partie des plantes exotiques les plus envahissantes et les plus menaçantes dans les régions à climat méditerranéen. En eff et, cette invasion met en danger la fl ore indigène, et parfois des espèces rares.

Pour aller plus loin...

Fiche plante

Les actions de conservation de la Flore méditerranéenne

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Les usages de la Flore méditerranéenne

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Le Lin et la médecine

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La flore et la végétation méditerrannéennes

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