Protection et valorisation de la flore médicinale en Argentine

Depuis juin 2015, un nouveau partenariat international est né entre Klorane Botanical Foundation (France), le Botanic Gardens Conservation International (BGCI), le jardin botanique Carlos Thays (JBCT -  Buenos Aires,  Argentine) et Pierre Fabre Dermo-Cosmétique Argentina (Argentine).

 

Une action concertée de protection du patrimoine végétal

Son objectif : faire connaître et valoriser la flore médicinale argentine, tout en mettant en place des mesures de protection ex situ et in situ.

 

Une diversité menacée


En Argentine, la nature offre l'une des plus grandes biodiversités au monde, abritant une multitude de plantes médicinales. « On y trouve non moins de 1500 espèces indigènes. Ce trésor botanique national et les vertus dont il dispose n'en restent pas moins très peu connus au-delà des frontières argentines », affirme Graciela Barreiro, Directrice du jardin botanique Carlos Thays à Buenos Aires. De même, les actions concertées de protection intégrée de certaines espèces rares et menacées et de leur habitat naturel en Argentine restent limitées, que ce soit à l'échelle nationale ou internationale.

 

La disparition de l'habitat est due à l'expansion de l'agriculture, l'urbanisation, l'exploitation minière, la surexploitation des ressources naturelles et la pollution ; autant de facteurs qui mènent au déclin progressif des plantes médicinales en Argentine. « Ici, la phytothérapie traditionnelle reposant sur l'utilisation de plantes indigènes est un élément essentiel du domaine de la santé », explique Serge Bouteleau, Directeur de Pierre Fabre Argentina.
 

Par exemple, rien que dans les montagnes de la Sierra de Comechingones (Cordoba, Nord de l'Argentine), on recense environ 150 espèces végétales cueillies pour des préparations médicinales. Ces plantes ne sont toutefois pas utilisées uniquement chez l'Homme. Dans la pratique vétérinaire traditionnelle, on exploite leurs vertus dans des concoctions destinées à prendre en charge la douleur et traiter les parasites, etc.

 

Redoubler d'efforts pour la protection


« Malgré l’importance des plantes médicinales, sources de revenu et moyen de subsistance rurale, seulement peu sont cultivées alors que le matériel végétal est principalement offert par la nature », commente Joachim Gratzfeld, Directeur des programmes régionaux au BGCI. Il ajoute que cette tendance devrait persister, puisque la plupart des plantes médicinales sont commercialisées au niveau local ou régional, et que les coûts de production sont élevés, les terres agricoles étant généralement exploitées pour la culture vivrière.


Intensifier la culture des espèces les plus exploitées (ex : Minthostachys verticillata, Hedeoma multiflorum, Achyrocline satureoides, Passiflora caerulea, Acantholippia seriphioides, Lippia turbinata, Baccharis crispa, Zuccagnia punctata, Caesalpinia paraguariensis) aiderait à réduire la pression exercée sur leurs habitats naturels subsistants, tout en préservant la diversité génétique des espèces indigènes. Néanmoins, de nouvelles mesures sont nécessaires pour venir compléter la culture commerciale, la gestion des habitats naturels et la récolte éco-responsable de ces espèces. La protection ex situ passe par la création de banques de plantes vivantes et de graines, représentatives de la diversité génétique des espèces indigènes. 

 

« Nous devons asseoir et renforcer cette politique de préservation pour notre avenir », commente Graciela Barreiro, ajoutant que, « malgré l’implication de longue date des jardins botaniques et autres organismes de recherche agricole en Argentine, il faut maintenant redoubler d’efforts ».


Ce projet commun répondra au besoin urgent de protection des plantes médicinales en Argentine, s’articulant autour de plusieurs domaines d’action, tels que : agrandir les collections végétales de protection ex situ au sein des jardins botaniques, sensibiliser la population, participer à la consolidation du réseau national de jardins botaniques.


« Nous nous réjouissons de ce nouveau partenariat international avec la communauté des jardins botaniques argentins », a déclaré Florence Guillaume, Directrice de Klorane Botanical Foundation.


« Notre fondation d’entreprise reflète la volonté des Laboratoires Pierre Fabre de prendre soin de l’être humain comme un tout, s’inspirant constamment de la nature et des plantes. Engagés pour la protection et la valorisation du patrimoine végétal de la Terre, nous travaillons en étroire collaboration avec de nombreux partenaires. Les objectifs de cette initiative sont en parfait accord avec les valeurs de notre fondation. »

 

Inauguration du projet au jardin Botanique Carlos Thays le 14 septembre 2015 à Buenos Aires

 


 

Remonter